ouvertureDepuis 2016, notre lycée s’est engagé dans un projet de préservation des oiseaux. En effet, nous avons signé une convention avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux de l’Hérault et nous sommes estampillés "Refuge LPO". Cet engagement consiste à mettre en place des actions visant à protéger la faune aviaire. Ainsi, des nichoirs ont été installés dans différents lieux et nécessitent un minimum d’entretien. C’est dans ce cadre que, mardi 4 février 2020, certains d’entre vous ont peut-être croisé dans la cour une étrange expédition. Trois personnes, deux professeurs et un service civique, ont arpenté le lycée, échelle sous le bras pour procéder au nettoyage annuel des nichoirs.

Les questions n’ont pas manqué sur leur passage. Pourquoi vider les nichoirs ? Pourquoi retirer d’éventuels nids ? Les oiseaux vont devoir tout recommencer ! Effectivement, des éclaircissements s’imposent.

Rappelons tout d’abord qu’un nid n’est pas la « maison » des oiseaux. Ils n’y vivent pas, ils n’y dorment pas la nuit, même si l’hiver ils peuvent parfois s’y réfugier. Le nid sert uniquement à l’accueil des œufs et à l’élevage des petits. Un nid accueille généralement  une à deux nichées durant la période de reproduction qu, selon les espèces, s’étend de mars à août.

Les oiseaux sont comme nous, ils aiment élever leurs petits dans un endroit propre et sécurisé. Au printemps, ils se mettent donc à la recherche d’un endroit sûr et disponible où ils pourront confectionner un petit nid douillet pour accueillir leur progéniture.

Le nettoyage des nichoirs est donc une nécessité : pour être utilisées cette année, ces petites « cabane » de bois doivent être vides. A cette occasion, les nichoirs sont ouverts et nous pouvons ainsi voir si nos amis à plumes y ont emménagé la saison dernière.

L’expédition de ce 2 février fut comme souvent riche en découvertes plus ou moins heureuses.

oisillonLe premier nichoir avait été utilisé, mais l’espèce concernée aurait pu s’abstenir ! Certains élèves indélicats y avaient en effet déposés divers déchets. Pas très écologique ni très malin… Il est vrai que le nichoir avait été placé un peu bas, son emplacement a donc été réhaussé, espérant ainsi une utilisation plus adéquate.

 

Le deuxième nichoir, quant à lui, avait été adopté par les bons locataires. Au printemps dernier, les allées et venues d’un couple de mésanges charbonnières et le sauvetage d’un oisillon tombé du nid ne laissaient guère de doute. Effectivement, un joli nid composé de brindilles, mousse et lichen ornait l’intérieur du nichoir. Il était vide, tous les petits avaient donc pris leur envol. Difficile d’imaginer que ce petit nid ait pu contenir sept à quartorze oisillons ! Le nid a donc été retiré, dérangeant au passage, pendant quelques instants, cinq geckos tranquillement installés pour l’hiver.

Les troisièmes et quatrièmes nichoirs étaient vides mais l’un d’eux visiblement utilisé régulièrement par un oiseau venant sans doute la nuit se réfugier du froid.

Enfin le dernier nichoir rappela à chacun que la sélection naturelle est une dure réalité. Il contenait un gros nid de plumes et de petites branches ainsi que les corps de deux moineaux friquets. Ces deux petits ont peut-être été victimes de la canicule de juillet 2019 qui a fortement impacté les oiseaux juvéniles ou adultes. Même si ces deux jeunes n’ont pu quitter le nid, espérons que leurs frères et sœurs (cinq à six petits par nichée généralement) sont venus grossir les rangs de cette espèce que nous avons la chance d’abriter au lycée. Les moineaux friquets sont une espèce menacée, classée sur la liste rouge de l’UICN France (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Cette espèce nous rappelle que la biodiversité est fragile et que nous devons en prendre soin. C’est donc plein d’espoir que les nichoirs de Jean-Moulin ont été préparés. Ils sont désormais prêts à accueillir de nouveaux pensionnaires dès le printemps.

I. L.