Jeudi 21 septembre 2017, aux alentours de 12h30, un groupe de sept élèves, accompagnés de M. Manresa (professeur d'EPS) et d’Antoine Courtin (AED), prend la route en direction de Saint-Guihem-le-Désert (34).

Le village est connu pour son abbaye et ses ruelles, mais beaucoup moins pour son cirque de l’Infernet, situé juste après. Le groupe attaque la longue marche qui nous fait prendre de l’altitude. Le topo indique « prendre à droite une petite trace qui descend dans un pierrier ». Nous nous retrouvons alors dans le vallon qui s’encaisse très rapidement pour se transformer en véritable canyon. Le groupe s’équipe. Casques, harnais. Les cordes sont sorties des sacs. Attention, tout le monde est prêt ? OK, c’est parti. On attaque par une main courante en rive gauche puis premier rappel. De là, s’enchaînent les ressauts à franchir. Tantôt en rappel, tantôt façon commando. Les parois se resserrent encore plus et gagnent en hauteur. Puis c’est le fameux rappel de 35m plein vide. Une petite frayeur au passage pour M. Manresa (heureusement la sécurité était doublée et même triplée), et puis ça enchaîne. Mains courantes et rappels nous emmènent à la fin du canyon, en bas du cirque cette fois-ci.

Puis nous prenons la route en direction du plateau du Larzac.

Juste le temps de planter quelques tentes et d’allumer le feu. Les popotes sont en place, la viande est sur la grille. Le groupe est autour du feu. La soirée sous les étoiles est parfaite. Super ambiance. Le Larzac nous offre ce que j’étais venu chercher : le sentiment de bivouaquer en plein désert… D’ailleurs certains d’entre nous dormirons à la belle étoile, le ciel nous offrant un spectacle extraordinaire. Seule ombre au tableau : le camembert puant de M. Manresa, disparu en début de soirée, mais qui a heureusement été retrouvé dans la tente des filles au moment du coucher…

Vendredi matin. Lever, petit déjeuner rapide devant le spectacle du soleil éclairant les quelques falaises au loin. Les premiers rayons du soleil nous touchent et nous réchauffent. C’est l’heure de partir. Après 1h15 de route, nous voilà au pied de la face Nord du Pic Saint-Loup. La croix sommitale : c’est notre objectif. Le sentier dans le maquis s’élève pour devenir rapidement très raide. Le groupe remonte les derniers éboulis comme il peut. Enfin, nous arrivons à la diagonale, fameux sentier situé en pleine face Nord, quasi verticale, et qui permet d’atteindre le sommet rapidement, mais sans faire l’économie de quelques passages exposés. D’ailleurs les deux plaques mortuaires de grimpeurs qui y ont laissé la vie nous mettent dans l’ambiance… Le groupe met les casques, c’est parti. La corde doit être sortie et la rando se transforme rapidement en escalade. Le dernier passage, quasi vertical, mais avec de grosses prises est un régal : nous sortons sur le fil de l’arête, au sommet du Pic.

Petite photo à la croix. Repas. Et là, la question qui tue. Monsieur, par où on redescend ? Surprise…

En effet, la suite, c’est la surprise du chef.

Les casques sont à nouveau sur la tête, les harnais bien ajustés, et les cordes ressorties. Classique. Sauf que les frontales sont également de sortie. Après une trentaine de mètres dans le maquis le groupe arrive au départ d’un trou vertical exigu surplombé d’un amarrage.

Tout le monde est OK ? C’est parti. Antoine descend en premier. Je le préviens. S’il est au fond et qu’un souci survient en surface avec le groupe, il faudra que je le laisse. Je reviendrai le chercher plus tard…

Mais tout se passe bien. Les élèves descendent un par un, et je me retrouve seul en haut. Je descends à mon tour. Ma frontale éclaire la descente : 15m, un palier, puis à nouveau 15m. Le puits est magnifique. On a l’impression de descendre au centre de la Terre… Après le premier palier, j’aperçois, 15m plus ba,s les lumières du groupe qui m’attend. C’est énorme !!! On se retrouve tous là. L’ambiance est excellente. Il y a quelque chose d’extraordinaire. Je crois pouvoir dire qu’à ce moment là, on ne pouvait pas être mieux qu’à cet endroit !!! Séance photos. Et c’est reparti. Tout le monde enlève les harnais et les casques pour franchir une chatière du tonnerre. Sur le dos, les pieds en avant mais en biais, nous sommes contraints de pivoter la tête de côté pour franchir cette distance d’1m à 1,5m. Puis c’est la délivrance. Le boyau s’agrandit. La lumière du jour apparaît.

Nous arrivons alors à un dernier rappel plein vide, en plein dans la face Nord, qui nous permet de déboucher sur le sentier de la diagonale pris à l’origine.

Nous renoncerons à poursuivre par le rappel plein vide de 50m au-dessus de la baume géante. Déjà beaucoup d’émotions, de la fatigue, et puis des données qui me font prendre cette décision.

Le retour au camion se fera par le sentier aller. Un goûter viendra ponctuer cette magnifique aventure.

Le retour sur Béziers se fera dans un silence absolu à l’arrière du camion… ça roupille sec !

Voilà. Je remercie tous ceux qui ont contribué à ce voyage, et en particulier Antoine pour m’avoir accompagné.

J’annonce que l’ex AS escalade devient l’AS Sports Nature. Et que ce voyage s’est déroulé dans le cadre de cette nouvelle AS Sports Nature. D’autres voyages de ce type auront lieu cette année.

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Escalade spéléo

A bientôt pour de nouvelles aventures.

 Julien Manresa, professeur d'EPS